Je savais que mon parcours Ă travers l’europe me ferait voir sur scène plusieurs lĂ©gendes et des bands qui ont influencĂ© Ă leur façon un style musical. J’ai donc Ă©coutĂ© Ă l’aĂ©roport sur mon laptop: « Metal: A headbanger’s journey ». Un documentaire de Sam Dunn qui a fait des Ă©tudes en anthropologie et qui dresse, si on veut, l’arbre gĂ©nĂ©alogique du mĂ©tal des pères fondateurs comme Black Sabbath, Blue Cheer et Deep purple jusqu’au petits fils comme Killswitch Engage, Shadows Fall et Lamb of God. Je crois que c’est ce qui m’a fait rĂ©aliser ce que je vais vous raconter.
ArrivĂ©e en Allemagne, je me sens totalement sur une autre planète avec tout mes repères Ă l’eau, une barrière linguistique infranchissable et Ă©videmment tout seul. Bizarrement, pas si seul que ça, un peu comme si j’Ă©tais un peu chez moi. Je me suis posĂ© beaucoup de question, et en suit venu Ă la conclusion que la musique, surtout le rock je crois, est en fait une sous culture.
Sous-culture: une culture (revendiquĂ©e ou cachĂ©e) partagĂ©e par un groupe d’individu, se diffĂ©renciant ainsi des cultures plus larges auxquelles ils appartiennent.
J’avais beau ĂŞtre seul lĂ -bas, je n’avais pas peur. J’Ă©tais perdu, mais cette foule je la connaissais. Je me rendais compte que je rejoignais juste ma gang…celle des Rock N’ Roller. Un peu comme un gang de gars de bicycle, on a des règles. Si tu es dans le trash pis quelqu ‘un tombe tu te garoches pour l’aider Ă se relever. Si tu vois quelqu’un qui part en body surfing, tu rushs pour aller l’aider Ă poursuivre sa course. Tu te mets pas devant quelqu’un pour mieux voir le show, parce qu’il Ă©tait lĂ avant toi.
Dans ma gang Ă moi, on est fier de nos groupes et on veut le montrer. On achète des chandails au spectacle sinon des trucs Ă l’effigie du band pour montrer notre appartenance. Au lieu de patch Ă©crit Hells MontrĂ©al, Sorel, Rio de Janeiro ou tombouctou…nous c’est Metallica, Iron Maiden, Rage Against the Marchine, Sepultura, Motörhead. Si par malheur un de nos shirts se pètent, c’est la catastrophe. J’ai un shirt de la tournĂ©e Lights in the Sky de NIN que j’ai scrappĂ© en me plantant dans une aventure de torchĂ©s Ă deux sur un Bixi avec mon frère, bien maintenant il est accrochĂ© au mur dans ma chambre…c’est une relique!
Les prisonniers se cognent le poing quand ils se croisent, nous on se fait des devils. MĂŞme si je parlais pas un criss de mots allemand, quand le monde criait quelques chose et levait leur bière, je faisais pareil et disait seulement Rock N’ Roll. Y’en a pas un qui m’a dit pardon ?? Tu peux rĂ©pĂ©ter ??? Y trouvait juste ça original. Après, j’ai appris Ă dire Prost (SantĂ© en Allemand). Quand tu sais ça tu es correct.
Dans ma gang on est fidèle et fier. Comme je vous disais on porte nos bands, mais on les lâchent jamais. Vous verrez jamais quelqu’un vous dire: « Ah moi j’ai trippĂ© sur Metallica un Ă©tĂ© ». Nnnaaahhhh, on a la discographie complète, et mĂŞme si ils sortent des albums de marde, ont continue Ă leur faire remplir des Sala Rossa, des Club Soda, Des MĂ©tropolis…mĂŞme des Centre Bell. Pis ça nous fait chier quand un band comme Metallica redevient la saveur du jour pis tous le monde se mets Ă tripper. Je me souviens avoir fait rire de moi en 97 pour la tournĂ©e Load quand je disais que j’allais les voir. J’ai manquĂ© aucun show de Manson Ă MontrĂ©al: Spectrum, Medley, Metropolis, Centre Bell…toujours lĂ …je dis pas que je suis meilleur que personnes, jusque que nous ont s’en criss pas mal que ce soit Ă la mode ou non, ça nous parlent, ça nous dĂ©foulent, c’est tout ce qui compte.
Comme dans toute sous-culture on a Ă©videmment des problèmes. Les anarchistes, les individualistes bref les criss de sans dessins qui se pensent tout permis parce qu’ils se prennent pour le gars sur le stage. Tant qu’Ă moi, aucun problème avec ça, tant que ta libertĂ© n’ empiète pas sur la mienne. Ça vous est sĂ»rement dĂ©jĂ arrivĂ© de regarder un show, pis deux caves qui essaient de faire un trash au milieu de la foule viennent te rentrer dedans. Pourtant la règle est simple, tu veux trasher c’est devant le stage…si moi je vais lĂ , je m’attend Ă me faire pĂ©ter. Ă€ ce moment lĂ , c’est comme dans les Hells, il n’y a pas de police pour rĂ©gler ça, donc tu t’arranges avec tes troubles, et c’est lĂ que la sous-culture devient violente et tant qu’Ă moi…poche.
Si vous lisez ces lignes, VOUS faites aussi partie de cette sous-culture de rocker. Vous lisez un blog de musique, pas sur le jardinage ou la cuisine. Vous lisez un blog c’est parce que vous ne trouvez pas ce que vous voulez dans les beaux poèmes de Marie-Christine Blais de la grosse Presse comme disait Falardeau. Vous ĂŞtes donc intĂ©ressĂ©s, regardez autour de vous, et vous verrez bien que Roger est pas aussi Ravager, mais en fait vraiment impliquĂ© dans sa sous-culture.


